Longtemps que je n'étais pas venue...
...et que je n'avais pas revu ce cadre de texte stressant dans lequel il est tellement dur de transcrire ses idées.
J'écris pour moi.
Pour essayer de comprendre ce qui se passe dans ma tête après l'avoir mis ici...
Souvent en me relisant, je me dis que cela et stupide, je me contredis, je réfléchis, et parfois je trouve des réponses.
Il arrive que j'efface des articles, juste parce que je sais que pour beaucoup ils seraient incompréhensibles, ou parce que j'ai honte de sortir de telles "conneries".
Mais dans l'ensemble, je dois avouer que chacun des articles bizarres de ce blog m'a en quelques sortes ouvert les yeux. A chaque fois.
Alors une fois de plus, je suis là. Et je questionne. Le genre de questions qui font chié parce que personne n'a la réponse. Le genre de question qui, une fois qu'elle est là, ne repars pas facilement. Le genre de questions que tu te poses longuement le soir avant de t'endormir, et qui te pousse à te retourner encore et encore sur ton oreiller. La routine quoi.
Pourquoi est ce que l'on dit que l'amour vient du coeur?
C'est vrai, le coeur au fond, qu'est ce que c'est? La pompe du corps humain qui envoie le sang aux autres organes, non?
Alors pourquoi donner à cette partie de nous la responsabilité de nos déchirement sentimentaux?
C'est quoi cette phrase: "Plutôt que de penser avec ta tête, réfléchis avec ton coeur"...
C'est pas avec le cerveau que l'on réfléchit?
Oui, franchment, ça me turlupine.
Ok, quand on "aime" il paraît que le rythme cardiaque s'acélère quand on le/la voit.
Et ça suffit pour qu'on fasse du coeur le symbole de l'amour?
Et encore autre chose.. Vous avez déjà vu l'organe, le coeur. En quoi l'espèce de zigouigoui qu'on dessine dans les marges de ses cahiers lui ressemble?
Non, l'amour c'est vraiment pas mon truc.
Mais c'est fou, en ce moment, j'y pense tout le temps. Je me demande pourquoi je ne l'ai jamais pris au sérieux. Pourquoi je n'ai jamais compris qu'on ne puisse pas se remettre d'une rupture ou d'un truc comme ça. J'ai toujours cru que tout le monde avait cette option "carapace" que l'on pouvait provisoirement installer autour de son "coeur" (puisque c'est comme ça qu'on dit!) que j'ai si souvent utilisé quand je me sentais triste.
Je me suis longtemps dit que pour aimer, il fallait parler, beaucoup parler, découvrir l'autre, le sonder, jusqu'à le connaître par coeur... que l'amour, c'était un peu le fruit de beaucoup d'attention et de patience, un peu comme un bébé que l'on attend.
Mais je me rend compte qu'en fait, il y a autant de façons de tomber amoureuse que de poils sur le dos d'un lapin angora...
Je pensais que si on se faisait "larguée", c'était juste parce que ce n'était pas le bon, on passait à autre chose et voilà tout. Je le pense toujours d'ailleurs. A l'exception d'une chose: je me demande si chaque pot à réellement son couvercle. Et si on m'avait menti? S'il n'y avait personne pour moi sur cette planète? S'il n'y avait personne d'aussi cinglé pour se poser autant de questions inutiles? Si personne ne s'était jamais dit que le monde, le système même dans lequel on vivait était grotesque? Si personne n'avait jamais imaginé que tout puisse être différent, que l'on puisse s'être totalement trompé, et que l'Homme n'est qu'un idiot qui court après le temps sans jamais le rattraper...
S'il n'y avait que moi pour pleurer une heure après "danse avec les loups" pour tous ces indiens que l'on a massacré sans raisons?
S'il n'y avait que moi pour regarder une fourmi et imaginer la journée qu'elle a eu avant d'arriver devant mes pieds?
S'il n'y avait que moi pour me dire que je ne suis pas à ma place et que je n'aime pas faire partie de cette société là...
Je me pose trop de questions pour une adolescente de 15 ans.
Mais j'ai peur.
Peur de lâcher mes convictions avec le temps, comme l'ont fait beaucoup d'autres avant moi.
Peur de devenir une adulte comme une autre, qui mènera son petit train-train de vie quotidien.
De changer, d'oublier qu'un jour, j'ai osé rêver que le monde serait différent...
Je ne veux pas. Je veux me souvenir de mes larmes quand je voyais le canon de l'arme d'un blanc sur la poitrine d'un indien à la télé, je veux me rappeler la colère que je ressentais quand je voyais un braconier abbatre un animal pour sa fourrure et laisser pourrir le corps ensuite...
Le sentiment d'injustice quand je comprenais que ce braconnier vivait seulement par ce travail révoltant..
La peine qui m'envahissait devant les reportages sur l'afrique, dans lesquel invariablement j'entendais que l'enfant à l'écran faisait chaque jour je ne sais combien de km à pied pour quelques seaux d'eau.. et finissait par mourrir de malutrition.
Je veux garder toute cette révolte, tout ça en moi. Pour plus tard, ne jamais me résoudre à entendre cela aux infos. Ne jamais zapper à l'annonce d'un nouvel attentat ou autre. Ne jamais m'habituer à ces horreurs.
Parce qu'à partir du moment où je les incluerai dans mon quotidien, où elle ne me feront même plus lever la tête et m'arracheront à peine un soupir de regret, là, je saurai que je serai devenu une adulte blindée.
Et c'est ce que je ne serai jamais.
Je voudrais me battre pour tout ça. Ouvrir les yeux de ces personnes qui ne se sentent pas ou plus touchées par tout ça.
Je veux devenir journaliste.
Pour dénoncer tout ça, et arriver à percer le blindage d'acier qui entoure les cerveaux de tellement de gens..
Beaucoup d'illusions je sais.
C'est ce que vous vous dites, non?
Elle deviendra comme les autres.. Oubliera ses beaux discours...
Vous vous trompez. Parler pour sauver. Ecrire pour arrêter tout ça. Je veux en faire mon avenir.
Juste parce qu'à partir du moment où l'on s'habitue à une horreur, elle cesse d'en être une...
Et qu'il n'y a rien de plus dangereux.
Voilà. Réflexion d'une longue heure devant mon écran. Une fois de plus.
Le sujet de début? je l'ai oublié.
Mais je me sens neuve.
Je me sens forte.
Presque prête à partir dans ces montagnes d'Amérique vivre avec ces peuples indigènes que j'admire tellement...